AM
General
AM
General, filiale du groupe LTV est sous
la protection de la loi sur les faillites depuis juillet 1986. AM
General fournit notamment le véhicule Humvee,
successeur de la Jeep de l’armée américaine.
Pour tenter de sortir de la protection de la loi sur les faillites
en remboursant ses créanciers, le groupe cédait ses
activités des secteurs défense et aérospatiale.
LTV
a travaillé sur le bombardier furtif B2,
les missiles anti-chars de l’armée américaine,
sur le programme portant sur les systèmes avancés
de combat terrestre (Advanced Land Combat Systems), sur la station
orbitale, sur la navette spatiale et sur l’avion de transport
militaire C17.
(NB : le C17 devrait être bientôt
loués aux alliés des Etats-Unis dans le cadre de l’OTAN
et faire concurrence au A400M et à la Défense européenne.)
En
janvier 1992, Carlyle s’est allié avec le groupe français
Thompson-CSF pour surenchérir les offres
des firmes Martin Marietta et de Lockheed
pour le rachat des structures aéronautiques et de construction
de missiles
(NB : Carlyle s’était déjà
allié avec une société française (Aérospaciale)
pour acquérir des structures dans la défense et l’espace)
Bien
que l’offre de Thompson soit considérée comme
la plus avantageuse dans les milieux spécialisés,
le juge Burton Lifland chargé du dossier
a considéré qu’elle posait un problème
de sécurité nationale pour les Etats-Unis dans la
mesure où les activités missiles de LTV sont technologiquement
très sensibles et que l’Etat français contrôle
à 60 % Thompson.
M.
de Fouchier, DG de Thompson, avait pourtant expliqué
au juge Burton Lifland que le groupe français avait conclu
un accord de principe avec le Department of Defense
prévoyant un contrôle indépendant pour éviter
tout transfert de technologies sensibles à l’étranger.
Le juge finira par retenir leur offre au détriment des deux
groupes américains fournisseurs du Pentagone.
Ce
sont surtout les vives protestations du Congrès américain
qui pousseront Thompson a renoncé à cette acquisition.
51 sénateurs sur 100 ont adressé des lettres au président
George Bush (directement lié à Carlyle) pour bloquer
cette transaction. De plus, deux sénateurs (M. Byrd
& M. Bentsen) ont annoncé un projet de loi pour
bloquer la vente des activités défense de la firme
LTV à Thompson.
En
août 1992, Carlyle s’est toutefois associé avec
Loral et Northrop pour acquérir
les opérations de AM General, au détriment de son
associé français initial.
Source :
AFP (17/01/1992 ; 08/04/1992)
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