Aprovia
Source
: www.infocrise.info
Carlyle
Group : vers un contrôle de la presse européenne ?
Après
l'échec de la prise de contrôle du quotidien français
Le Figaro, le groupe Carlyle a finalement réussi à
prendre pied dans la presse européenne en acquérant
d'importantes participations dans le groupe Aprovia, ex-groupe de
presse professionnelle et de santé de Vivendi Universal Publishing
(VUP).
A l'instar de TPG (Texas Pacific Group) qui fait beaucoup parler
de lui ces derniers temps dans l'affaire Gemplus, le groupe Carlyle
est l'un des plus importants fonds de « LBO » (Leverage
Buy-Out - opération avec effet de levier) des Etats-Unis.
Son métier consiste à acheter des sociétés,
puis à les revendre quelques années plus tard avec
une plus-value importante, histoire de rémunérer les
fonds de pension qui le financent.
Le Figaro : une tentative presque aboutie
Dès
1999, la filiale européenne du fonds d'investissement étasunien
Carlyle, dirigée par l’ancien Premier ministre britannique
John Major, est devenue propriétaire de 4,9 % de Figaro Holding,
la structure de contrôle de la SA Le Figaro.
Dans le cadre d'une opération complexe, Figaro Holding était
à 95,1 % la propriété de la Socpresse. Ce montage
comprenait en outre l'émission par Figaro Holding d'un emprunt
obligataire d'une durée totale supérieure à
10 ans, intégralement souscrit par le groupe Carlyle. Or,
"si cet emprunt était converti en actions à l'issue
d'un processus complexe, Carlyle deviendrait propriétaire
de 35,1 % supplémentaires du capital de Figaro Holding, ce
qui aurait porté sa participation totale à 40 %",
indiquait en juin 1999 Le Figaro.
Une des clauses précisait que les obligations convertibles
du groupe créées lors de l'entrée du groupe
Carlyle devraient être remboursées en 2008-2009 sous
peine de voir 40 % du capital du Figaro échapper à
ses actionnaires historiques [1].
Finalement, l'entrée du groupe Dassault dans la Socpresse
donna à cette dernière l'opportunité de faire
une offre à Carlyle pour ses parts dans Figaro Holding et
pour racheter l'emprunt obligataire auquel le groupe d'investissement
avait souscrit en 1999. Serge Dassault s'était déjà
porté candidat en 1999 pour entrer dans le capital du Figaro,
mais la Socpresse lui avait alors préféré le
fonds d'investissement étasunien.
Sans cette intervention du groupe Dassault, Carlyle aurait contrôlé
la Socpresse qui compte notamment le Figaro-l'Aurore, le Figaro
Magazine, Presse Océan, le Courrier de l'Ouest, le Maine
libre, le Dauphiné libéré, le Progrès,
le Bien public, Madame Figaro, TV Magazine, Paris Turf, et un pôle
imprimerie.
avec Aprovia, l’essai est réalisé
Si
seule la filiale américaine d'édition Houghton Mifflin
était officiellement mise en vente par Vivendi Universal,
le groupe Carlyle semblait prêt à faire des propositions
beaucoup plus globales. Selon Reuters, deux consortiums s'intéressaient
ainsi à la totalité de Vivendi Universal Publishing
(VUP) pour des offres évaluées entre 4 et 5 milliards
de dollars : le premier constitué des sociétés
de capital-risque Thomas H. Lee, Blackstone Group, Bain Capital
et Apax Partners ; le second réunissant la filiale de capital-risque
de Lazard et le Carlyle Group [2].
L'acquisition d’Aprovia, les activités de presse professionnelle
et du pôle santé de Vivendi Universal Publishing (VUP),
se fera « au travers de deux holdings de reprise ».
A l'issue des transactions, Cinven détenait 37,5% du capital
de chacune des sociétés nouvellement constituées
tandis que Carlyle en contrôlait 28%.
Le groupe Aprovia comprend le groupe GISI (L’Usine nouvelle,
LSA, Indutries et technologies...), Le Moniteur (La Gazette des
communes, Le Quotidien du médecin, La République du
Centre, Vidal, Le Moniteur des travaux publics…), le groupe
Tests (01 Informatique, Décision Micro, L’Ordinateur
individuel…), et France Agricole (Agrodistribution, RIA…)
[3].
Licenciements massifs…
Dès
septembre 2001, le Groupe Tests avait dénoncé un plan
social visant à supprimer 117 emplois, dont 60 postes de
journalistes, et l'arrêt du "Nouvel Hebdo". Les
journalistes avaient annoncé qu'ils refusaient "catégoriquement
le projet de plan social tel qu'il a été présenté
par la direction", comptant "tout mettre en œuvre
pour s'y opposer dans sa version actuelle". Par conséquent,
le conseil d'administration de la Société des journalistes
(SDJ) avait "adopté à l'unanimité une
motion de défiance à l'encontre des fonds d'investissement,
et notamment le Carlyle Group. [4]
En novembre 2001, ces représentants regroupés en intersyndicale
et réunis au siège de VUP dans le cadre de la consultation
sur la cession de ces activités au fonds étasunien,
avait émis dans un communiqué « de fortes réserves
sur la nature toute particulière du groupe américain
Carlyle dont le conseil d'administration est composé de plusieurs
anciennes personnalités de l'administration républicaine
à la Maison-Blanche, notamment de l'ancien président
Bush ». Et de continuer : « Ce groupe a récemment
défrayé la chronique pour ses liens d'affaires avec
la famille Ben Laden en Arabie saoudite. » [5]
Les représentants du personnel ont à cette occasion
réitéré « leurs plus vives inquiétudes
quant à la nature des repreneurs, les trois plus importants
gestionnaires de fonds de pension, et à leur stratégie
future vis-à-vis des activités reprises ».
[1] Libération, 01/02/2002
[2] Les Echos, 06/09/2002
[3] www.transnationale.org
[4] La correspondance de la Presse, 25/09/2002
[5] AFP, 09/11/2001
Source
: www.infocrise.info
A lire également
:
"Un plan social devrait toucher le groupe Tests". Le Monde,
10 septembre 2001
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