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En attendant le "BenLadenGate"...

(Source : www.rfi.fr)

A force de traquer Saddam Hussein, l'administration américaine finirait presque par nous faire oublier qu'aux lendemains des attentats du 11 septembre 2001, c'est le président Bush lui-même qui a juré de retrouver Oussama Ben Laden, mort ou vif.

Par conséquent, l'initiative française visant à faire le point sur la lutte anti-terroriste à l'ONU, aujourd'hui, et prochainement au G8 d'Evian n'est pas inutile. En présence du secrétaire d'Etat américain Colin Powell, le chef de la diplomatie française Dominique de Villepin doit présenter un mémorandum aux membres du Conseil de sécurité dont la France assume la présidence jusqu'au début février.

Au delà d'une évaluation des principaux outils internationaux ad hoc dont le «Comité contre-terrorisme» des Nations unies, l'ONU restant le cadre le plus légitime pour traiter du terrorisme, il s'agit de renforcer les coopérations internationales sectorielles concernant notamment la sécurité des transports aériens et maritimes, mais aussi d'impliquer davantage les pays du sud ne disposant pas toujours des moyens techniques et budgétaires pour assumer une coopération satisfaisante.

Hormis les douze conventions internationales existantes, le Conseil réexaminera le projet indien d'une convention anti-terroriste universelle. Pourquoi, également, ne pas créer, comme cela a été fait pour la lutte contre le Sida, un fond spécial qui serait chargé d'assurer le suivi de la coordination internationale.

Enfin, Paris souhaite associer davantage le FMI et la banque mondiale. C'est en décembre 1998 que la France a fait adopter la convention internationale de lutte contre le financement du terrorisme. Et il faut bien reconnaître, qu'en la matière, il reste énormément à faire. Seulement dix millions de dollars ont été gelés depuis le 11 septembre 2001, et les enquêtes financières marquent le pas.

Cette stagnation n'est pas complètement le fruit du hasard puisque la plupart des investigations finissent par aboutir à des montages financiers américano,saoudiens dans les domaines du pétrole, de l'aéronautique et de l'armement.

On retrouve alors, non seulement, les transfuges de la BCCI , une banque islamique dont la CIA s'est beaucoup servi pour ses opérations clandestines, mais aussi le groupe financier Carlyle.
Au conseil d'administration siégeait un frère d'Oussama Ben Laden aux côtés, notamment de Frank Carlucci, secrétaire à la défense sous la présidence Reagan; James Baker, secrétaire au Budget sous la même présidence; l'ex-premier ministre britannique John Major et George Bush père !

Cet enchevêtrement financier qui confine au conflit d'intérêts, véritable «Benladengate» pour les experts, pourrait se transformer en scandale retentissant, «Benladengate» d'autant plus retentissant, que les connexions financières en cause dans les attentats du 11 septembre 2001 sont parfaitement connues des enquêteurs américains depuis le premier attentat contre le World Trade Center en 1993 et les attaques des ambassades de Nairobi et Dar es-Salaam en août 98.

Richard LABEVIERE ©RFI.
Edito international, 20/01/2003 www.rfi.fr

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