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Les intérêts economico-militaires qui gouvernent Washington (source : http://www.amnistia.net)

Depuis la parution de notre édition du 06.02.2001, les lecteurs de amnistia.net ont appris l'existence du Carlyle Group: une banque américaine étroitement liée au complexe militaro-industriel US, avec un penchant pour la droite musclée du clan Bush. Dans notre enquête nous démontrions comment cette entreprise si particulière s'était infiltrée dans différentes sociétés européennes et, notamment, comment elle était arrivée à s'installer au beau milieu du conseil d'administration du quotidien français Le Figaro. En effet, il ne nous paraissait pas anodin qu'une société qui compte parmi ses honorables dirigeants une belle brochette d'anciens responsables des services secrets américains, ainsi que d'illustres hommes politiques tels l'ancien Premier ministre conservateur anglais John Major, ou encore l'ancien président des Etats-Unis George Bush (qui empoche la bagatelle de 80.000 à 100.000 dollars à chaque fois qu'il donne une conférence pour promouvoir le savoir-faire du groupe), puisse s'intéresser de si près à certains investissements liés à la communication sur notre vieux continent.

Après l'arrivée à la Maison-Blanche de Bush junior, c'est au tour du New York Times de s'interroger sur les étranges collusions d'intérêts qui pourraient réunir le Carlyle Group au président des Etats-Unis. En effet, dans son édition du 5 mars le quotidien new-yorkais publie le témoignage scandalisé de Charles Lewis, responsable du "Center for Public Integrity" (une association d'intérêt public dont le siège est à Washington) qui accuse publiquement l'ancien et le nouveau maître de la Maison-Blanche. "George Bush gagne de l'argent à travers des intérêts privés qui font des affaires avec le Gouvernement, pendant que son fils est président. Un jour, son fils pourrait tirer un bénéfice de ses décisions présidentielles, grâce aux investissements de son père. L'Américain moyen n'est pas au courant de ça". Effectivement, comment ne pas se poser la question relative à un possible conflit d'intérêts quand on sait que même le nouveau président George W. Bush avait été employé en 1990 par Caterair, filiale du groupe. Comme le fait remarquer Charles Lewis, "Carlyle est connecté comme on ne peut l'être davantage avec l'administration actuelle".

Comment pourrait-il en aller différemment ?

Carlyle est un géant qui dispose d'une armée de 240 managers de par le monde et détient des participations dans 164 compagnies qui comptent, elles, environ 70.000 employés. Ses bénéfices poussent comme des champignons et les investisseurs ramassent une moyenne de 34% de plus-value par an. Last but not least, le groupe a une prédilection pour les investissements dans le secteur de la Défense de la grande Amérique. En 1998 il occupait déjà la 19e place parmi les fournisseurs de l'armée de l'Oncle Sam... Aujourd'hui Carlyle Group s'est hissé à la 11e place dans ce marché si spécialisé. Carlyle fabrique des chars de combat, des ailes d'avion et d'autres équipements militaires. Sans oublier les télécommunications, les médias, le secteur de la santé, l'immobilier... Cette entreprise de stratégie globale peut fournir des équipements pour un conflit armé classique, tout comme elle peut intervenir dans la guerre de l'information, dans la diplomatie ou encore dans des opérations de déstabilisation économique. Est-ce un hasard si en Europe, parmi ses conseillers, on retrouve l'ancien président de la Bundesbank Otto Pöhl?
Dans tous les secteurs sensibles, Carlyle Group peut se vanter d'avoir des intérêts. Et, l'esprit de conquête semble être sa seule devise. La question qui se pose aujourd'hui, en lisant le NYTimes, est de savoir si ce n'est pas plutôt cette entreprise privée qui contrôle la Maison-Blanche.

http://www.amnistia.net/news/articles/defiamer/intermil.htm

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