Carlyle
investit Montrouge

11 septembre 2001 : quelques centaines de gros
investisseurs (milliardaires et fonds de pension) plus d’anciens
dirigeants de divers pays, sont réunis au Ritz Carlton, à
Washington, à l’initiative du groupe Carlyle.
G. Bush père est là, tout comme une de ses
connaissances, Shafiq Ben Laden, officiellement
en délicatesse avec son demi-frère Oussama. La nouvelle
des attentats tombe.... Shafiq retire son badge et rentrera le lendemain
au pays par un avion que les autorités américaines
ont spécialement autorisé à décoller
...
Main basse sur la ville
Quel rapport avec Montrouge ? C’est que Carlyle
tisse sa toile sur Montrouge depuis 2002 : rue Barbès
(permis de construire), Boulevard du général de Gaulle
(un immeuble miroir), Thalès, des deux côtés
de l’Avenue Brossolette, et maintenant le site de Schlumberger.
Le site est vendu, c’est sûr, même si l’acheteur
n’est pas encore déclaré officiellement. C’est
4% de la superficie de la commune qui change ainsi
de mains, au moyen d’une montée des enchères.
Le projet du nouvel acquéreur comporte le maintien des bâtiments
rénovés par Enzo Piano et du parc dessiné par
Chemetoff. Les constructions nouvelles se feront, sans doute, en
bordure. Qu’adviendra-t-il du parc que le Maire a promis d’ouvrir
au public ? Des négociations sont en cours. Il y a un deal.
Lequel ? Silence.
Secteurs sensibles et mélange des
genres
Mais pour l’heure, intéressons-nous au véritable
visage de cet investisseur étatsunien qu’est Carlyle
[1]. Créé en 1987 avec 5 millions de $ grâce
à une astuce fiscale, c’est devenu un grand qui gère
aujourd’hui un portefeuille de 18 milliards de $ et contrôle
près de 200 sociétés dans plus de 50 pays.
Il est actif dans l’armement (blindés, aéronautique,
spatial), les biotechnologies, l’informatique, les nanotechnologies,
les télécommunications, les médias (le cas
le plus connu est l’acquisition de 30% du Figaro
en 1992, parts cédées en 1997 à Dassault).
Carlyle investit aussi dans l’immobilier de bureaux, en particulier
en Ile de France, depuis quelques années. L’immobilier
présente un visage plus pacifique, mais sert à apporter
des fonds pour financer des investissements stratégiques
: Carlyle est un prédateur
qui a mis sous surveillance tout ce qui se fait dans le monde en
matière de technologies du futur.
Le secret de Carlyle : son carnet d’adresses
et la confusion des intérêts
privés et des fonctions publiques. Le groupe
a réussi à attirer à lui comme investisseurs,
dirigeants ou conseillers, la plus belle brochette qu’on puisse
cauchemarder : des anciens ou futurs présidents et premiers
ministres de divers pays, des anciens et futurs secrétaires
d’Etat , un prince saoudien et des membres de la famille Ben
Laden (présente au CA de la firme jusqu’en 2001), quelques
européens et russes bien placés. G. Bush père
est conseiller de Carlyle de 1993 à 2003 - quand son fils
est Président. W. Bush fils est présent dans une société
du groupe de 1990 à 1994 - quand son père est Président.
Citons quelques autres, pour ne pas faire de jaloux : Colin
Powell, John Major, Caspar Weinberger,
James Baker, Alice Albright (la
fille) et le milliardaire George Soros.
Le résultat : un cocktail militaro-politico-industriel
qui a pour client principal des gouvernements et des administrations,
à commencer par le Pentagone. Du coup, la politique extérieure
des Etats-Unis est parasitée par des intérêts
économiques, par exemple dans la péninsule coréenne
et en Arabie.
Le culte du secret
Carlyle, qui est sans doute le plus gros investisseur privé
de la planète, affiche depuis 10 ans une rentabilité
hyper-élevée de 30% par an, mais n’est pourtant
pas cotée en Bourse. Cela lui permet de maintenir un (relatif)
secret sur ses actionnaires, triés sur le volet, ses sociétés
et leurs activités, et de transiter allègrement par
le soleil des paradis fiscaux. Rien d’étonnant à
ce que des soupçons de délit d’initié,
de corruption, de trafic d’influence et autres facéties
aient été jetés, bien que Carlyle, pour l’instant,
évite les foudres de la justice.
Le développement de Carlyle date surtout
de l’ère du sulfureux Frank Carlucci.
Cet ancien directeur adjoint de la CIA, puis dirigeant d’une
société de sécurité assez spéciale,
enfin secrétaire à la Défense, arrive à
la tête du groupe en 1989 pour en repartir en 2003. C’est
un proche de Donald Rumsfeld. Il a été
ambassadeur dans de nombreux pays sensibles et soupçonné
d’implication dans divers scandales et coups tordus. Grâce
à ses relations, il développe la composante
armement de Carlyle et les relations avec les saoudiens,
surtout avec la guerre du Golfe et après les attentats du
11 septembre. C’est lui aussi qui réalise le rachat
de Vinnell en 1992, une société qui
fournit des conseillers - entendez mercenaires - à diverses
forces armées, en particulier saoudiennes, société
dont il préfère se séparer en 1997.
Investisseur géant, animé par le
goût du secret , profiteur des privatisations dans l’industrie
de l’armement, boosté par les conflits récents
et la « guerre au terrorisme », pratiquant un mélange
des genres qui menace la démocratie, instrument pour
investir des secteurs hyper-sensibles (cryptage de données,
biodéfense) sans parler du contrôle de nombreux
câbles sous-marins par où transitent une masse de télécommunications,
support aussi du financement des retraites d’étatsuniens...
voilà ce qui débarque chez nous, et s’installe
du pourtour au cœur de la ville. Il faudra être attentif
aux sociétés qui vont venir s’installer dans
les bureaux de ce groupe surnommé par des gens bien mal intentionnés
la « CIA des affaires ».
En attendant, pour ce qui concerne le devenir
du site Schlumberger, il y a « sursis à statuer »
et notre plus haute autorité publique locale négocie
en privé avec l’acheteur. C’est ce qui s’est
dit au dernier conseil municipal. Secret défense. Les montrougiens,
premiers concernés, sont exclus du jeu. Ils commencent pourtant
à vouloir dire leur mot.
[1] Toutes les informations sur Carlyle ont été
trouvées sur le web, particulièrement sur le site
officiel du Carlyle group , sur un site libertaire bien renseigné,
sur celui du réseau voltaire , ainsi que sur stopcarlyle
de nos amis suisses
Source : Montbouge.net
Stop the Carlyle
Group
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