OTOR
: Détournement de fonds et dénonciation du pacte des
actionnaires
cité sur le forum Boursorama d'Otor (www.boursorama.fr)
par SOS OTOR
L’un
des principaux actionnaires, le fonds d’investissement US
Carlyle voudrait « faire main basse » sur le groupe
français pour le démanteler.
«
L’avenir d’Otor est menacé par
son actionnaire américain Carlyle » : c’est en
substance le cri d’alarme que lancent les syndicats CFDT,
CGT, CFTC et FO de la cartonnerie Otor-Velin d’Eloyes, qui
forme un seul établissement avec la papeterie de Novillars
(Doubs) au sein du deuxième cartonnier de France.
Spécialisé dans l’emballage, en particulier
alimentaire, Otor, qui compte en France 3.055 salariés (dont
200 à Eloyes) a été introduit en Bourse en
1998. En mai 2000, sous la pression des banques, le fonds d’investissement
américain Carlyle est entré au capital.
Bénéfice
pour Bush et Ben Laden…
« Il devait accompagner le renforcement de l’entreprise
jusqu’en 2006. Mais l’appât du gain semble plus
fort », expliquent les syndicats, selon lesquels Carlyle s’apprête
à « faire main basse » sur Otor, plusieurs sites
étant déjà « dans le collimateur »
: Iteuil dans la Vienne, Novillars, Rouen et Cognac.
« Peu soucieux de l’intérêt des travailleurs,
encore moins de ceux de l’industrie française, le fonds
américain prétend que les résultats du groupe
sont insatisfaisants. Pourtant, le résultat net a toujours
été positif depuis le second semestre 2000 et le résultant
courant du premier semestre 2002 dépasse les 7 millions d’euros
», ajoute l’intersyndicale, qui craint « un démantèlement
rapide du groupe, le bradage des sites, avec un bénéfice
maximum pour Carlyle et ses actionnaires, dont les familles Bush
et Ben Laden… »
«
Tout le monde se serre les coudes… »
« Les ex-journalistes de l’ex-groupe de presse français
Test, repris par Carlyle, connaissent bien la manœuvre : elle
s’est traduite par 117 licenciements (un tiers de l’effectif).
Ceux de l’éditeur belge Reef ont eu moins de chance
: pour eux Carlyle a été synonyme de liquidation…
»
« Nous refusons de subir le même sort. On veut rester
Otor ! », dit Christophe Maurice, le délégué
CFDT d’Eloyes, parlant aussi au nom de ses collègues
Pascal Derruder (CGT), Fabrice Claude (CFTC)
et Francis Parmentier (FO). Malgré quelques
frictions parfois, la cartonnerie d’Eloyes est réputée
pour la bonne santé de son dialogue social. Les salaires
sont corrects (de 1.143 à 1.677 euros mensuels) avec un 13e
mois et une prime de vacances de 915 euros.
Et en la circonstance, ajoute Christophe Maurice, « tout le
monde se serre les coudes » dans le groupe français,
des salariés au PDG d’Otor-Velin Alain Lefaure
et au président d’Otor Jean-Yves Bacques.
Celui-ci a d’ailleurs saisi la justice contre
son actionnaire US, entre autres pour annulation de pacte
d’actionnaires et détournement
: des 300 MF promis, seuls 280 ont été mis au capital…
C.M.
–F.
18/12/2002
- L'EST REPUBLICAIN
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