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(oct 2002-juin 2003)

 

OTOR : Détournement de fonds et dénonciation du pacte des actionnaires
cité sur le forum Boursorama d'Otor (www.boursorama.fr)
par SOS OTOR

L’un des principaux actionnaires, le fonds d’investissement US Carlyle voudrait « faire main basse » sur le groupe français pour le démanteler.

« L’avenir d’Otor est menacé par son actionnaire américain Carlyle » : c’est en substance le cri d’alarme que lancent les syndicats CFDT, CGT, CFTC et FO de la cartonnerie Otor-Velin d’Eloyes, qui forme un seul établissement avec la papeterie de Novillars (Doubs) au sein du deuxième cartonnier de France.
Spécialisé dans l’emballage, en particulier alimentaire, Otor, qui compte en France 3.055 salariés (dont 200 à Eloyes) a été introduit en Bourse en 1998. En mai 2000, sous la pression des banques, le fonds d’investissement américain Carlyle est entré au capital.

Bénéfice pour Bush et Ben Laden…
« Il devait accompagner le renforcement de l’entreprise jusqu’en 2006. Mais l’appât du gain semble plus fort », expliquent les syndicats, selon lesquels Carlyle s’apprête à « faire main basse » sur Otor, plusieurs sites étant déjà « dans le collimateur » : Iteuil dans la Vienne, Novillars, Rouen et Cognac.
« Peu soucieux de l’intérêt des travailleurs, encore moins de ceux de l’industrie française, le fonds américain prétend que les résultats du groupe sont insatisfaisants. Pourtant, le résultat net a toujours été positif depuis le second semestre 2000 et le résultant courant du premier semestre 2002 dépasse les 7 millions d’euros », ajoute l’intersyndicale, qui craint « un démantèlement rapide du groupe, le bradage des sites, avec un bénéfice maximum pour Carlyle et ses actionnaires, dont les familles Bush et Ben Laden… »

« Tout le monde se serre les coudes… »
« Les ex-journalistes de l’ex-groupe de presse français Test, repris par Carlyle, connaissent bien la manœuvre : elle s’est traduite par 117 licenciements (un tiers de l’effectif). Ceux de l’éditeur belge Reef ont eu moins de chance : pour eux Carlyle a été synonyme de liquidation… »
« Nous refusons de subir le même sort. On veut rester Otor ! », dit Christophe Maurice, le délégué CFDT d’Eloyes, parlant aussi au nom de ses collègues Pascal Derruder (CGT), Fabrice Claude (CFTC) et Francis Parmentier (FO). Malgré quelques frictions parfois, la cartonnerie d’Eloyes est réputée pour la bonne santé de son dialogue social. Les salaires sont corrects (de 1.143 à 1.677 euros mensuels) avec un 13e mois et une prime de vacances de 915 euros.
Et en la circonstance, ajoute Christophe Maurice, « tout le monde se serre les coudes » dans le groupe français, des salariés au PDG d’Otor-Velin Alain Lefaure et au président d’Otor Jean-Yves Bacques. Celui-ci a d’ailleurs saisi la justice contre son actionnaire US, entre autres pour annulation de pacte d’actionnaires et détournement : des 300 MF promis, seuls 280 ont été mis au capital…

C.M. –F.

18/12/2002 - L'EST REPUBLICAIN

 

 

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