Vidéotron
Télécom, Quebecor et Carlyle
Le
groupe Quebecor qui avait multiplié les
efforts pour éviter la faillite de Videotron Telecom,
s'est ravisée et laissera maintenant sa filiale se débrouiller
toute seule. Le changement de cap est dû à un différend
majeur qui s'est développé entre Vidéotron
Télécom et son actionnaire américain, le groupe
Carlyle.
Le
groupe Carlyle détient depuis 1999 une participation de 30
% dans Vidéotron Télécom, une entreprise spécialisée
dans les télécommunications d'affaires. La convention
d'actionnaires conclue entre les deux parties accorde à Carlyle
le droit de forcer la vente de Vidéotron Télécom
et d'encaisser les premiers 200 millions de dollars du produit de
la vente, soit le prix payé pour sa participation de 30 %.
Conclue
au beau milieu de la bulle technologique, l'entente ne prévoyait
évidemment pas que la valeur des entreprises du secteur plongerait
comme elle l'a fait quelques mois plus tard. Vidéotron Télécom
est une des rares entreprises du secteur qui a survécu, notamment
parce que le Journal de Montréal, TVA, Archambault et toutes
les composantes du groupe Quebecor sont devenus ses clients.
La
valeur sur le marché de Vidéotron Télécom
a donc augmenté depuis que Quebecor en a fait l'acquisition,
mais comme elle est encore loin de dépasser les 200 millions,
tous les efforts de Quebecor servent en fait la cause de Carlyle
qui, rappelons-le, a droit aux 200 premiers millions du
produit de la vente.
C'est
assez, a décidé Quebecor, après avoir reçu
l'assurance que Carlyle n'a pas l'intention d'abandonner la clause
qui l'avantage. Le président de Quebecor a donc accepté
la démission d'Eugène Marquis, le
patron qu'il avait nommé pour redresser la situation chez
Vidéotron Télécom.
Après
avoir acheté Vidéotron, Quebecor a jonglé avec
l'idée de fermer Vidéotron Télécom et
a finalement décidé de la rentabiliser pour éventuellement
la vendre. Elle prévoyait en tirer entre 600 et 800 millions
sur le marché, ce qui s'est avéré un rêve
inaccessible.
Chose
certaine, Vidéotron Télécom se fera couper
les ailes. L'entreprise a énormément bénéficié
de la synergie offerte par Quebecor, notamment pendant la série
télévisée Star Académie
où les spectateurs de ce concours ont voté massivement
pour leurs favoris par Internet, à 1 $ par vote.
Aucun
commentaire n'a pu être obtenu du Groupe Carlyle.
Hélène
Baril
Source : www.lapresseaffaires.com
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