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(oct 2002-juin 2003)

 

Vidéotron Télécom, Quebecor et Carlyle

Le groupe Quebecor qui avait multiplié les efforts pour éviter la faillite de Videotron Telecom, s'est ravisée et laissera maintenant sa filiale se débrouiller toute seule. Le changement de cap est dû à un différend majeur qui s'est développé entre Vidéotron Télécom et son actionnaire américain, le groupe Carlyle.

Le groupe Carlyle détient depuis 1999 une participation de 30 % dans Vidéotron Télécom, une entreprise spécialisée dans les télécommunications d'affaires. La convention d'actionnaires conclue entre les deux parties accorde à Carlyle le droit de forcer la vente de Vidéotron Télécom et d'encaisser les premiers 200 millions de dollars du produit de la vente, soit le prix payé pour sa participation de 30 %.

Conclue au beau milieu de la bulle technologique, l'entente ne prévoyait évidemment pas que la valeur des entreprises du secteur plongerait comme elle l'a fait quelques mois plus tard. Vidéotron Télécom est une des rares entreprises du secteur qui a survécu, notamment parce que le Journal de Montréal, TVA, Archambault et toutes les composantes du groupe Quebecor sont devenus ses clients.

La valeur sur le marché de Vidéotron Télécom a donc augmenté depuis que Quebecor en a fait l'acquisition, mais comme elle est encore loin de dépasser les 200 millions, tous les efforts de Quebecor servent en fait la cause de Carlyle qui, rappelons-le, a droit aux 200 premiers millions du produit de la vente.

C'est assez, a décidé Quebecor, après avoir reçu l'assurance que Carlyle n'a pas l'intention d'abandonner la clause qui l'avantage. Le président de Quebecor a donc accepté la démission d'Eugène Marquis, le patron qu'il avait nommé pour redresser la situation chez Vidéotron Télécom.

Après avoir acheté Vidéotron, Quebecor a jonglé avec l'idée de fermer Vidéotron Télécom et a finalement décidé de la rentabiliser pour éventuellement la vendre. Elle prévoyait en tirer entre 600 et 800 millions sur le marché, ce qui s'est avéré un rêve inaccessible.

Chose certaine, Vidéotron Télécom se fera couper les ailes. L'entreprise a énormément bénéficié de la synergie offerte par Quebecor, notamment pendant la série télévisée Star Académie où les spectateurs de ce concours ont voté massivement pour leurs favoris par Internet, à 1 $ par vote.

Aucun commentaire n'a pu être obtenu du Groupe Carlyle.

Hélène Baril
Source : www.lapresseaffaires.com

 

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