Les relations de Carlyle avec le scandale de la BCCI
Le scandale de la Bank of Credit and Commerce International (BCCI)
Khalid bin Mafhouz
K. bin Mafhouz, un des hommes clefs du scandale de la BCCI, se trouve au croisement des intérêts de la famille Bush et du financement des réseaux terroristes islamistes. Son nom apparaît plusieurs fois dans l’environnement économique du Carlyle Group. Son représentant financier aux Etats-Unis, un texan nommé James R. Bath ami de régiment de Bush Junior, était le même qu’employait Salem bin Laden (de 1976 à 1988), le père d’Ossama .
K. bin
Mafhouz a été arrêté le 3 août 2000 à
la demande de l’administration Clinton. Il est depuis placé sous
mandat d’arrêt à l’hôpital militaire à
Taef en Arabie Saoudite - où, il serait suivi pour des problèmes
de dépendance à la drogue.
Cependant, son poids et celui de sa famille en font toujours une des pièces
maîtresses actives du financement du terrorisme islamique. Selon la
revue Forbes, K. bin Mafhouz dispose de la 251ième fortune mondiale.
Les liens avec le clan Bush et les milieux financiers américains
1. Khalid bin Mafhouz et l’environnement Bush
Aux Etats-Unis, K. bin Mafhouz a pour représentant financier James R. Bath, ami de régiment de Bush Junior . Un des rôles principaux de Bath fut d’investir dans des entreprises afin de permettre à des investisseurs étrangers - originaires pour la plupart du Moyen Orient - d’exercer une influence sur la politique étrangère américaine. Les liens entre J. R. Bath et la famille Bush peuvent être illustrés par l’aide apportée par les Bush lors de l’achat d’une partie du ‘Houston Gulf Airport’ pour le compte de Salem bin Laden. Par ailleurs, Bath a investit la somme de 50,000 dollars dans la société « Arbusto » des Bush . Le texan est également soupçonné d’avoir reçu un prêt de 1,4 millions de dollars de K. bin Mafhouz en 1990 .
En 1987, un partenaire financier de K. bin Mafhouz, le saoudien Abdullah Taha Bakhsh, entre au capital de Harken à hauteur de 11,5%. Cette société pétrolière des Bush connaît les mêmes déboires que les précédentes : manque de capitaux et mauvaise gestion . Il leurs faut donc trouver des investisseurs. Le représentant de Bakhsh au conseil d’Harken sera Talat Othman. Ce dernier est membre du « Middle East Council Policy » (MECP) de l’influente RAND Corporation, aux côtés de F. Carlucci, dont le président est Charles W. Freeman Jr. qui fut ambassadeur des Etats-Unis lors de la guerre du Golfe . Curieusement, Talat Othman apparaît dans l’entourage de Bush père lorsque celui-ci réunit des personnalités pour parler des affaires du Moyen Orient .
2. la « National Commmercial Bank » entre Mafhouz et Ossama bin Laden
Le père de K. bin Mafhouz n’est autre que le fondateur de la « National Commercial Bank » (NCB) d’Arabie Saoudite. La NCB dispose d’une filiale au Soudan la « Saudi Sudanese Bank » dont Saleh Idris est le directeur. Ce dernier est également le propriétaire du site pharmaceutique d’Al Shifa (Soudan) qui fut bombardé par les forces américaines parce qu’il était soupçonné d’abriter un site de production d’armes chimiques.
Le cabinet « Kroll Associates » a démenti ces supputations américaines en commandant une enquête au cabinet d’avocat « Akin, Gump, Strauss, Hauer & Feld ». Ce même cabinet avait protégé les intérêts de K. bin Mafhouz lorsqu’il du se défendre pour son rôle dans la faillite de la BCCI. Notons également que ce cabinet a travaillé pour la « Holly Foundation for Relief & Development ». Il s’agit de la plus grande association caritative islamique aux USA. Ces comptes ont été gelés suite aux attentats du 11 septembre. Elle est notamment soupçonnée de financer le Hamas.
La NCB a créé diverses sociétés avec la «
Saudi Investment Company » (SICO) . Cette société d’investissement
basée en Suisse appartient au « Saudi Binladen Group »
(SBG) de la famille Laden qui a investit 2 millions de dollars dans le «
Carlyle Partners II fund » en 1995 . La SICO dispose de participations
dans la « Cadbury Schweppes » (tout comme Carlyle) et dans «
Nortel Networks » dont Frank Carlucci est un ancien membre du conseil
d’administration. Les liens entre les Mafhouz et les Laden ont été
renforcés par le mariage d’une des sœurs de K. bin Mafhouz
avec Ossama bin Laden.
Suite aux accusations relative à son rôle joué dans le scandale de la BCCI, Khalid bin Mafhouz a quitté son poste de président directeur de la NCB (1992), un de ses frères lui a succédé jusqu’en 1996. K. bin Mafhouz a accepté de payer 225 millions de dollars d’amende (1995) après avoir été reconnu coupable de dissimulation fiscale (12 milliards de dollars ont disparus en fumée avec la banqueroute de la BCCI) . Après les enquêtes sur les attaques des ambassades américaines en Afrique, la chute de K. bin Mafhouz s’est accélérée (1999). Les américains ont découvert que des transferts d’argent, un montant de 2 milliards de dollars est avancé, ont été effectués de la NCB vers des associations caritatives proches de Ossama bin Laden. Plus grave pour Khalid, certaines de ces associations sont contrôlées par des membres de sa famille.
3. Les filières du terrorisme
Plusieurs entités Mafhouz se trouvent en contact direct ou indirect avec Ossama bin Laden. C’est la cas de la « Saudi Sudanese Bank » ou « Al Khaleejia for Export, Promotion and Marketing ». Cette dernière est une agence de communication dirigée par Waleed bin Mafhouz. Saleh Abdullah Kamel, un acteur financier du réseau d’O. bin Laden, est présent dans le capital de la société. La « Saudi Economic and Development Compagny Ltd » SEDCO est également un lien entre les Mafhouz et bin Laden. Cette holding dispose d’une filiale à Londres la « SEDCO Services Limited ». Son adresse est identique à celle de l’« International Development Foundation » (IDF fondé par Mohammed Salim bin Mafhouz) et à celle de l’ « Islamic Relief Organization » (IIRO) qui est une des principales structures de recrutement de Ossama. Toujours à la même adresse, l’on découvre l’ « Oxford Trust for Islamic Studies». Un des frères d’Ossama a reconnu que sa famille versait des dons importants à cette organisation d’entre aide.
Les américains ont également dénoncé les activités de « Muwafaq » en Arabie Saoudite. Cette organisation reçoit des financements de la part de riches hommes d’affaires saoudiens. Le département du trésor américain pense que la fondation a permis de transférer des millions de dollars à Ossama. Muwafaq dispose d’une holding dont les représentants ont pu être identifiés lors d’un procès au Royaume Uni. Il s’agit de Yassim Al Qadi et de deux Mafhouz dont Abdul Rahman, dirigeant de l’ ONG Blessed Relief au Soudan et membre du conseil d’administration de la NCB saoudienne.
4. Un homme de Mafhouz chez Carlyle ?
Plus grave encore, la présence dans le conseil de Carlyle de Sami Mubarak Baarma bien que celui-ci soit lié à Khalid bin Mafhouz. S. M. Baarma dirige la banque pakistanaise « Prime Commercial Bank » dont Mafhouz est le principal actionnaire (C’est également au Pakistan que naît la BCCI dont K. bin Mafouz détenait 20% du capital ).
Sami M. Baarma est également directeur d’une banque libanaise « Lebanon’s Credit Libanaise » et un des dirigeant de la « SNCB Securities Limited » à Londres. Il s’agit d’une des filiales de la « National Commercial Bank » (NCB ) d’Arabie Saoudite. Dès le mois de juillet 1999, le royaume saoudien a décidé de diluer les participations détenues par la famille Mafhouz dans la NCB en rachetant une part majoritaire de son capital. Celui-ci est placé entre les mains du « Public Investment Fund » à hauteur de 40% et de la « General Organization for Social Assurance » à hauteur de 10%.
Cependant, les fils Mafhouz conservent 16% du capital de la banque, la femme de Khalid (Naila Kaaki) dispose quant à elle toujours de 10% et plus étonnant, K.bin Mafhouz reste détenteur de 10% du capital de la NBC. Enfin, trois Mafhouz font toujours parties du Conseil d’Administration, composé de 9 membres, de la banque Saoudienne.
Baarma dirige, pour la NCB, le réseau financier du Middle East Capital Group (MECG ) basé à Guernesey . Un autre administrateur du MECG est Henry Sarkissian, homme présent dans la gestion de plusieurs sociétés du Saudi Binladen Group (SBG). Sami M. Baarma dirigeait la division internationale de la NCB et son service d’investissement lorsque de fortes sommes d’argent en ont disparu.
Le scandale de la BCCI
Le Carlyle Group compte et a compté parmi ses rangs de nombreuses personnalités telles que Frank Carlucci , James A. Baker , George Bush Sr. , ou encore Alwaleed Sin Talal bin Abdulaziz Alsaud. Ces quelques noms d’anciens directeur de la CIA, de présidents, de hauts fonctionnaires ou d’un membre de la famille royale saoudienne ont tous été cités directement ou indirectement dans le scandale de la Bank of Credit and Commerce International (BCCI).
Ils renforcent
la part d’ombre de Carlyle dont les investissements dans les secteurs
stratégiques de la défense et de la haute technologie ont déjà
provoqué des réactions hostiles .
SB

Source : Politis

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